L’art de renommer ses photographies
 

L’art de (re)nommer ses photographies

 

Imaginez si vous pouviez donner un nom unique à toutes vos photographies digitales, avec une méthode simple et efficace. Vous retrouver avec toutes vos images ayant une nomenclature cohérente, logique, et accessible…


 

Jusqu’au début des années 2000, les amateurs de photographie se préoccupaient de la prise de vue. Comment régler son appareil? Quelle lumière? Et les plus zélés s’inquiétaient de protéger leurs boîtes de rangement et leurs négatifs de la moisissure. Les photographes photographiaient, et quelques classeurs suffisaient à ranger les différents négatifs. Et cela suffisait.

J’ai moi-même quelques dizaines de milliers de négatifs. Ils tiennent bien sagement dans une série de classeurs, rangés, avec un catalogue. Et c’est suffisant.

Aujourd’hui le monde a changé. La quantité de nos photographies digitale augmente tous les jours. Que vous soyez professionnel ou non, vous avez sûrement des dizaines de milliers d’images vous-même. Et chaque fois que vous travaillez sur vos images vous vous demandez quel nom leur donner? Comment les classer? Comment gérer les versions? Etc. Les questions sont nombreuses. Et les réponses également: vous pouvez renommer vos images avec n’importe quel nom. Et les classer de n’importe quelle manière. Et ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle: comment choisir la bonne méthode dans cette infinité de possibilités?

L’apparition de la photographie digitale -et avec elle le nombre croissant d’images que l’on prend- a amené un balancement des enjeux. Aujourd’hui, savoir classer et archiver ses photographies est devenu aussi crucial que la prise de vue elle-même ou de maîtriser son appareil photographique.

Et si nous cherchions ensemble une méthode vous permettant de renommer vos photos sans plus réfléchir? En sachant exactement ce que vous faites? Et pourquoi vous le faites?

 

 

1/ Des principes.

Tout système de classement et de gestion efficace répond à certaines règles. Le premier point à prendre en considération est la stabilité: vous voulez une méthode stable, et pérenne. Et pour ceci, il existe des règles d’organisation de base. Et, quelle que soit la méthode que vous allez mettre en place, vous devez considérer ces règles.


Des caractères standards

Chaque caractère informatique, chaque lettre, chiffre, ou signe que vous voyez à l’écran possède un code précis qui le définit. Et certains de ces caractères sont plus standards et compatibles que d’autres. C’est la raison pour laquelle il n’y a pas (ou peu) d’espaces et de signes spéciaux dans les URL par exemple: pour plus de comptabilité, les URL se limitent aux caractères les plus standards. Si vous vous restreignez à l’utilisation de caractères compatibles, vous aurez moins de risques de rencontrer des problèmes dans le futur. Il est donc important d’utiliser uniquement les caractères suivants, considérés comme les plus standards:

  • Les lettres: A-Z

  • Les chiffres: 0-9

  • Les signes suivants: traits d'union (-) et barre de soulignement (_)

Même si l’informatique a tendance à gérer de mieux en mieux les caractères complexes, c’est encore aujourd’hui un point important. Des spécialistes du web et de la programmation tels que Squarespace font encore aujourd’hui de telles recommandations. Oubliez donc les accents, les parenthèses, les espaces, les points, et tout autre signe spécial!

 

Note: J’utilise pour ma part des lettres majuscules. Certains (dont Squarespace) vont encore plus loin et recommandent même l’utilisation de minuscules uniquement. À vous de voir. Si vous ne voulez vraiment prendre aucun risque, abstenez-vous d’utiliser des majuscules.

 

Une méthode évolutive 

À vos débuts, vous n’aurez peut-être que quelques centaines de photographies. Vous êtes chanceux. Mais cela ne durera pas longtemps. Au fil du temps, vous accumulerez de nombreuses images. Et votre méthode doit pouvoir continuer de fonctionner, quel que soit leur nombre.

  • Imaginez que vous commenciez à renommer vos photographies à partir de 1’000, en decrescendo: 999, 998, 997, etc. Que ferez-vous arrivé à 0? À la 1001e photographie, votre méthode sera à bout de course. À l’inverse, si vous commencez à 0, votre méthode peut continuer à l’infini.

    Pour ceux qui ont connu cette époque, c’était exactement un des enjeux lors du fameux bug du passage à l’an 2000. Toutes les dates ayant été inscrites dans les différents systèmes informatiques sur deux chiffres (19)97, (19)98, (19)99, comment l’informatique allait gérer le passage à l’an (20)00 au lieu de (19)00? La méthode était elle aussi en bout de course.

  • Prenez un deuxième exemple plus subtil: imaginez que vous renommiez vos photographies avec comme contrainte une séquence sur trois chiffres: 001, 002, 003, 004… Cela offre plus de cohérence et paraît une bonne chose. Mais que faites-vous arrivé à 999? Vous ne pouvez plus aller plus loin; il vous faut tout remettre en place. Et si vous ajoutez un chiffre supplémentaire à votre séquence, vous aurez tôt ou tard le même problème à nouveau.

    Imaginez maintenant cette même méthode sans cette contrainte: 1, 2, 3… 99, 100, 101… 999, 1000, 1001… Vous pouvez continuer à l’infini. Même si cette méthode paraît trop simple, elle reste néanmoins la plus efficace.



Consistance & cohérence

Quand il s’agit de classement et de gestion, plus nous sommes cohérents dans nos processus et systèmes, moins nous sommes confus quant au lieu de classement ou sur la façon de procéder. C’est un point qui revient dans plusieurs facettes de la photographie, et de fait, dans la vie en général. Si vous prenez un document sur votre bureau, et que vous ne savez pas où le classer, vous ne le classerez pas. Si vous savez exactement où il doit être rangé, alors cela devient un jeu d’enfant et vous avez nettement plus de chance de le faire (les amateurs de GTD en savent quelque chose).

Lorsque vous laissez des doutes ou de la place à de l’interprétation, vous ouvrez la porte au risque. Que ce soit de perdre des images, de créer un système peu cohérent, ou simplement de ne pas faire les choses. Soyez consistants. Tenez-vous à votre méthode. Ne faites pas d’exception. Et si vous ne savez pas comment renommer une image, c’est que la méthode n’est pas bonne. Et faites-là évoluer.

Il est facile désormais d’automatiser des actions. Il est possible de renommer des milliers d’images en quelques secondes avec un programme adapté. Si vos images sont toutes nommées avec la même structure, il est possible de changer les noms de l’entier de votre photothèque très facilement; en quelques clics. Mais si chaque image est nommée avec une structure différente, une méthode différente, alors cela devient très compliqué.

Choisissez une méthodologie. Tenez-vous à cette méthode. Et s’il s’avère nécessaire de la faire évoluer, commencez par mettre en place une nouvelle méthodologie. Ensuite seulement, renommez toutes vos images en conséquence.

Je possède une photothèque de 100’000 images. Si je devais renommer toutes mes images aujourd’hui, je serais capable de le faire en quelques minutes avec la certitude que 99% de mes images feront la transition sans problèmes. Et vous?



Backup, sauvegarde, et restauration

Les disques durs meurent. Je ne compte plus le nombre de disques agonisants que j’ai mis au congélateur, ou frappé sur la table de ma cuisine, pour essayer de récupérer leurs données avant que ceux-ci ne lâchent définitivement. Je me suis fait cambrioler deux fois (à des endroits différents!) et les deux fois mes ordinateurs ont été volés; et avec eux les données qu’ils contenaient. Et je ne suis PAS une exception. Une amie a perdu toutes ses photographies rassemblées sur un disque dur externe le jour ou celui-ci a lâché. C’était pourtant une photographe professionnelle. Une autre amie a perdu toutes ses photographies de voyage le jour où on lui a volé son ordinateur. La sauvegarde est O-BLI-GA-TOI-RE. Si vous n’avez pas de sauvegarde, vous pouvez considérer vos fichiers comme déjà perdus. Et non, je ne dramatise pas. Sans mes systèmes de sauvegarde, j’aurais déjà perdu bon nombre de mes données.

Les backups et les systèmes de sauvegarde sont indispensables si vous donnez la moindre importance à vos fichiers. Raison de plus pour nommer vos fichiers avec consistance, et des caractères standards, afin de faciliter ces procédures et les éventuelles restaurations. Et éviter de perdre des images à jamais.

Tout comme vous risquez de ne pas classer un document si votre système de classement n’est pas clair, vous risquez de ne pas faire de sauvegarde si votre système de gestion de fichiers n’est pas facile à sauvegarder et à restaurer. Et avec une quantité de plus en plus grande d’images, cela deviendra de plus en plus difficile.

Puisque nous savons désormais à quels points il faut faire attention, il est temps de les réunir pour en sortir la meilleure méthodologie possible sur la façon de renommer vos photographies!

 

 

2/ De la méthodologie.

Ma photothèque contient des images pour des clients. Des projets artistiques. Des photographies personnelles. Des images de studio. Des reportages. Des portraits. Des images en noir blanc. Des images couleur. Certaines au format JPG. D’autres au format RAW. Etc.

Quel point commun ont-elles alors, qui me permettrais de mettre en place une méthodologie afin de leur donner un nom unique, et ayant une consistance sur l’ensemble des images? Y en a-t-il seulement un ? Oui. Le… temps!

Je renomme mes images en fonction des dates de prise de vues. Toutes mes photographies ont été prises à un instant donné, et peuvent donc être renommées en fonction de la date de prise de vue.

Renommer ses photographies: les bases

L'utilisation d'un système de gestion basé sur les dates et heures est probablement la structure de fichiers la plus simple et la plus fiable à utiliser comme solution à long terme. Cette méthode est partagée par de nombreux photographes. Je l’utilise depuis plusieurs années; elle ne m’a jamais fait défaut.

Voici un exemple:

AAAA-MM-JJ-Nom_original

AAAA = Année
MM = Mois
JJ = Jour


Reprenons les points précédents:

  • Est-ce compatible? Oui: nous n’utilisons que des caractères standards.

  • Est-ce évolutif? Oui. Du moins jusqu’à l’année 9999 (C’est suffisant pour moi; avec 7’000 ans de marge…).

  • Est-ce consistant? Oui. Toutes les images possèdent un nom avec la même structure.

  • Est-ce facile à sauvegarder? Oui. Des noms de fichiers standards et consistants. Définitivement dans les recommandations des systèmes de sauvegarde.

Que vous soyez proaméricains ou pro-européens, n’écrivez pas la date en commençant par le jour, puis le mois, puis l’année. Je vous conseille d’utiliser le format de date international ISO 8601 (AAAA-MM-JJ). L’avantage est de commencer par l’année. Vos fichiers se classent naturellement par ordre chronologique. Et il est alors très facile de naviguer dans une liste de fichiers par année / mois / jour.

 
 
Influenz-Magazine-Liste-033.jpg

Liste de photographies renommées par date de prise de vue.

Il est dès lors très facile de rechercher des images d’un année particulière, d’ un mois particulier, et même d’un jour particulier!

 
 

Renommer ses photographies: les options

L’avantage de cette méthode est aussi son niveau de personnalisation. Vous pouvez la garder très simple, ou au contraire la pousser aussi loin que vous le souhaitez. Cela ne dépend que de vous et de vos besoins. Les possibilités d’affiner cette méthode sont à devenir fou. Croyez-moi, je l’ai fait.

Option A | Date

AAAA-MM-JJ-Nom_original • 2019-04-12-L1031181

Le principe de base. Renommez vos images par date. Cela offre plusieurs avantages. Non seulement vous avez accès immédiatement au jour de prise de vue d’une photographie. Et le risque d’avoir dès lors un nom de fichier à double est minime. Vraiment minime. Il y a très peu de chance que des photos prises le même jour se retrouvent avec des noms génériques identiques.

Si vous faites très peu d’images, vous pouvez utiliser une version plus simple de cette méthode, uniquement basée sur les années et les mois. Mais je ne vous le conseille pas. Cela rend les choses plus risquées pour aucun avantage concret.


Option B | Date & heure

AAAA-MM-JJ_HH-MM-Nom_original • 2019-04-12_15-22-L1031181

Une étape supplémentaire est d’ajouter l’heure de prise de vue. Dès lors, le niveau de précision peut aller très loin; à vous de choisir la limite. L’heure? Les minutes? Les secondes?… Si ce système est extrêmement précis, il a aussi l’inconvénient de créer des noms de fichiers lourds et moins compréhensibles. Alors la question se pose. Avez-vous vraiment besoin d’une telle précision? À vous de voir.


Option C | Date & nom

Nom-AAAA-MM-JJ-Nom_original • Johansson_Scarlett-2019-04-12-L1031181

Si vous êtes un photographe de portrait, il peut être préférable pour vous de classer vos fichiers par le nom du modèle ou du client que par une date précise. Vous préférez trouver immédiatement toutes les photos de Scarlett Johansson, peu importe la date de prise de vue. Ou vous pouvez tout aussi simplement ajouter votre propre nom.

Pays_AAAA-MM-JJ_Nom_original • Argentine_2019-04-12-L1031181

Il se peut aussi que vous soyez un reporter. Ou un nomade digital. Vos images proviennent à chaque fois d’un lieu différent, et il sera peut-être préférable pour vous de classer vos fichiers par le nom du pays que par la date. À nouveau, à vous de voir.


Quelle que soit la méthode que vous préférez, la clé est de s'assurer que les bases minimales soient implémentées. Il ne faut pas qu’il manque quelque chose d’indispensable. À vous de faire vos essais. Mais il n’est pas nécessaire de s’encombrer de superflu. Lorsque j’ai commencé à mettre en place cette méthodologie, avec une envie de précision ultime, je renommais mes images avec une précision à la minute. Je suis finalement revenu à quelque chose de plus simple, et bien suffisant.

Il existe de multiple variante et options. À vous donc de trouver celle (ou celles) qui vous convient le mieux, et de l’adapter à vos besoins. Pour ma part, il m’a fallu du temps pour affiner une méthode jusqu’à ce qu’elle me convienne. Aujourd’hui j’en suis satisfait. Parfaitement.

 

 

3/ De l’expérience.

Renommer ses images est un point parfois sensible parmi les photographes. Si certains s'y opposent sous couvert de dénaturer alors l'essence de ladite photographie, il n'en est rien pour moi. Je comprends et suis sensible à cet enjeu. Mais je pense qu'il est hérité d'un passé baigné dans l'argentique, qui n'a plus de raison d'être aujourd'hui. Si une photographie numérique est une image, elle est également un simple fichier. Fichier que l'on peut donc déplacer et renommer à volonté. 

Je renomme donc mes images. Toutes mes images! 
Quelle que soit leur provenance, leur contexte, leur finalité, la première étape après avoir été transférées sur mon ordinateur est d'être renommées.

AAAA-MM-JJ-Nom_original

Pour ma part, j’utilise le modèle ci-dessus, incluant ainsi:

  • L’année: [ AAAA ]

  • Le mois: [ MM ]

  • Le jour: [ JJ ]

  • Le nom de fichier originel

Et la première fois que vous copiez vos images sur votre ordinateur est de loin le meilleur moment pour renommer vos images. Vous n’aurez plus envie de le faire une fois que vous aurez commencé à travailler le style de vos images. Et encore moins trois jours plus tard. Importez vos images et renommez-les. À force de le faire systématiquement, cela deviendra un automatisme.

 
 
Influenz-Magazine-020-EPFL-Learning_Center-01.jpg

Image réalisée le 18 juin 2016 (EPFL, Rolex Learning Center).

L’exemple d'une image réalisée le 18 juin 2016: le fichier original «_DSC1220.nef» est renommé selon sa date de prise de vue, soit «2016-06-18_DSC1220.nef»

 
 

Les avantages d'une telle pratique sont multiples: 

  • Premièrement, chaque image possède dès lors un nom unique! Impossible en effet (ou presque) que des images prises le même jour se soient vues attribuer un nom générique identique. Fini donc les risques de conflits de nom ou d'écrasement de fichier par erreur… Et chaque fichier ayant un nom qui lui est propre, il est désormais très simple de retrouver une image particulière et toutes ses différentes versions (web, tif, raw…) partout sur votre ordinateur. 

  • Si le nom d'une image a pour moi peu d'importance, la date de prise de vue est quant à elle cruciale. Et il peut arriver lors de diverses opérations, manipulations, ou corruption de fichier, que ces dates de création/modification soient altérées. Dans une perspective d'archivage à long terme, l'idée que le nom du fichier contienne en lui-même la date de prise de vue est une assurance de pérennité. Même un fichier exporté, tel un PDF, contient ainsi toujours la date de prise de vue de l'image originale. 

  • Un autre avantage est un classement chronologique automatique. Dans un même dossier, les images se classent et s'affichent ainsi directement par années, mois, et jours, les unes après les autres. Il est facile dès lors de retrouver des photographies prises au même moment, même par des boîtiers différents. Il est facile également de retrouver des images faites à une période donnée. Les recherches s'en trouvent simplifiées, de même que l'organisation. Bref, un gain de temps précieux! 

  • Et pour les plus sceptiques, le nom générique est toujours intégré au nom de fichier. Il est donc toujours possible de revenir au nom d'origine si nécessaire.  

 

Note: que faire si vous avez une énorme photothèque à traiter? Ne vous mettez pas de pression: commencez gentiment, par les images les plus récentes. Vérifiez que tout se passe bien. Et ensuite, régulièrement, à votre rythme, renommer une série supplémentaire. Les photos du mois passé. Et celui d’avant. Puis, continuez de remonter le temps, et vous aurez bientôt terminé l’année en cours. Puis la suivante. Et ainsi de suite. Cela peut-être long. Mais ça en vaut définitivement la peine. Croyez-moi. Je suis passé par là.

 

Conclusion

Désormais, vous avez une vision générale des possibilités de renommer vos images et des mesures à prendre.

Vous savez ce qu’il faut éviter. Et vous savez ce qu’il faut faire. Vous savez comment limiter au maximum les risques pour l’avenir. Et vous pouvez désormais mettre toutes les chances de votre côté, avec plus de cohérence, de stabilité et de longévité. Et cerise sur le gâteau, tout cela vous permet désormais de retrouver plus facilement des fichiers.

Une fois cette méthodologie mise en place, vous aurez la satisfaction de pouvoir renommer vos nouvelles images au fur et à mesure, avec confiance. Et même si le travail à faire s’annonce long, vous éprouverez une satisfaction grandissante à renommer également vos anciens fichiers, et de voir votre photothèque prendre forme.

 

 

To be continued…

Renommer ses images est une chose. C’est une première étape. Et elle offre une belle satisfaction. Mais cela ne s’arrête pas là. Maintenant que vous avez une méthodologie pour nommer vos images, la question est de savoir comment les organiser? Et une fois cette étape franchie, ce n’est plus de satisfaction dont on parle, mais de sérénité…

À venir prochainement…

 

#033 • Mise à jour: 2019.04.12


Swiss photographer living & working in Lausanne.
Looking for beauty, precision & humanity.